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labrin blog
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Published by labrin on 09-06-09 at 12:04 am   -   Category : Littérature/BD/Arts  -   Seen: 1231 times
Premier topic sur ce nouveau site !

Alors je vous propose,

à la manière du Banquet de Platon,

de passer ici,

les uns après les autres,

pour faire l'éloge de l'Amour...

ou parler tout simplement de la nature de notre Dieu à tous :

Eros.

En exclu : un texte que j'ai écrit, c'est l'histoire d'amour entre un homme et... vous comprendrez assez vite...


Je me livre

Avec mon homme
Nous nous regardions
Longuement.

Il plongeait dans les lignes de mon visage
Et ressentait violemment
L'expression de mon usure
De toujours voir la même tête.
On aurait dit un papy russe
Méditant par les chemins
Au bord de l'Olenek
J'avais trop de caractères pour rester éternellement avec un seul homme.

Nous nous scrutions de près
A un moment j'ai cru
Que ses yeux essayaient de me transpercer.
(En réalité
Il cherchait tout simplement
À lire dans mes pensées.)
Ses mains tenaient fermement ma coiffe
Son regard glissait sur ma peau
Sèche
Comme polie à la pierre ponce et à la poudre de craie
De gauche
À droite
De haut
En bas
Il analysait toutes les parties de mon corps.

Un sablier passe.

Puis
Délicatement
Je sentis ses mains glisser
Le long de mon dos
Et l'espace d'une seconde
S'effaçait tous mes maux.
D'un coup
Le soulagement d'avoir à faire à un homme
Qui me connaissait par coeur.

Machinalement.

Il tendit un bras.
Il attrapa une gourde d'eau.
Il dévissa d'une main le bouchon.
Il porta à sa bouche le goulot.
Il m'écarta de la gourde d'eau.
Il avala une dizaine de gorgées.
Il revissa d'une main le bouchon.
Il posa la gourde d'eau.

Et reposa sa main sur moi.

Nous étions de plus en plus près
Face
À face
Involontairement
Nous nous rapprochions
Je sentais le frémissement de ses bras
Fatigués de me tenir pressé au dessus de lui.
Il tint encore quelques secondes
Puis
Me caressa
Me souleva
Nous nous retournâmes
Pour nous retrouver
Lui
Au dessus de moi
Moi
Sous son visage.
Quelques minutes immobiles.

Un sablier passe.

Ma figure trahissait des signes de désir intense.
Ses yeux brillaient
Comme le soleil
Sur les roseaux du delta du Nil.
Le battement de son coeur faisait vibrer
Ma tête nerveuse et ma queue volumineuse.
Il était sur le ventre
Et son sexe se gonflait de sang
Son doigt humecté
Tendrement frôlait mon écorce
De gauche
A droite
De haut
En bas
Chatouilleux je frissonnais
La moiteur de ses mains mouillait
Sous ma couverture bandée
Des phalanges humides pénétrant ma chair
Légère et souple
Je m'estimais Bible dans les mains
D'un homme.

Après ces multiples épreuves
De nouveau
J'étais bon à tirer.

Soudainement.

Il me prit à pleines mains.
Il se mit à genoux derrière moi.
Il me souleva.
Il me retourna.
Il s'appuya sur ses mains de tout son poids sur mon dos.

Et lâcha prise.
Que se passait-il derrière moi ?
J'étais à la merci
D'une cueillette sacrée
A cet instant
Le mot fantasme était sur le bout de ma langue
Il ne soupçonnait pas l'expression de ma pensée.
Je tremblais
En imaginant ce cylindre enrouleur.
Que se passait-il derrière moi ?
Des fantômes ressurgissaient.
J'étais ouvert en deux
Le dos nu
À découvert
Il pouvait entrevoir ma tranche inférieure
Il pouvait entrevoir ma tranche inférieure
Que se passait-il derrière moi ?

Un sablier passe.
Le sablier dit :
Écoute la phrase.
Écoute les sons qui la composent.
Regarde comme ils s'écrivent.
Lis la phrase.
Un sablier passe.

Un léger tissu de soie rouge
De ma tête à ma queue
Vint à passer sous moi.

Seulement protégé par une étoffe.

Il me prit.
Il me martela durant deux heures.
Il se retira.
Il poussa un long soupir.
Il me referma.
Il me serra dans ses bras une dernière fois.
Il se mit de son côté du lit.
Il tendit un bras vers l'interrupteur.
Il éteignit la lumière.

Et me posa à côté du lit.




Longue vie à Subfactory !!!
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